"Le remplissement"


Piet Moget


Piet Moget

L'idée est empruntée à Monique Schneider, Le paradigme féminin, éd. Champs Flammarion, dont sont extraites les citations.

Il est de l'essence du féminin d'être ouvert à l'expérience d'être traversée par le vivant : par l'expérience de la grossesse qui lui est propre, mais aussi par sa façon d'accueillir l'autre dans l'acte sexuel. Cette expérience du remplissement est aussi une expérience de délocalisation : ce qui la remplit l'expulse tout aussi bien, que cela soit source d'extase ou d'angoisse, ou de l'un et de l'autre. "Envisager de devenir éventuellement soi-même Heberge de l'autre (...) suppose comme préalable la disparition de soi à cette place singulière." (p.140)

Conséquences cliniques :
* La grossesse ne peut être uniquement considérée comme un genre de réparation de l'absence de pénis. Elle est pour la femme l'expérience d'un "abandon de place", la sienne. Or, "un tel abandon de place fait l'objet d'un déni théorique, lorsque le remplissement est interprêté comme simple adjonction d'un emblème manquant, ce qui ne peut que rendre diabolique la réticence que l'hystérique ne parvient pas à dénouer." (p.140)
* La résistance doit aussi s'entendre et être interprêtée comme résistance à la traversée du vivant dans l'être de la femme, comme résistance à la possibilité de destruction que le remplissement recèle. Cette résistance est positive, elle est le signe qu'une femme se sent femme. Et donc le signe qu'un remplissement est pour elle possible.


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