Le terme d'avant-coup est emprunté à Jean Cournut, Pourquoi les
hommes ont peur des femmes ?, éd. PUF, collection Quadrige.
Cependant, c'est au chapitre 13 du livre de Monique Schneider,
Le paradigme féminin que nous empruntons le développement qui
suit. Ce dont il est question ici sous l'appellation d'avant-coup s'y
repèrera chez elle sous le terme d'arrière.
L'avant dont il est ici question n'est pas à entendre dans une logique
diachronique où il précèderait le coup, lui-même suivi de son après.
Cet avant se justifie de désigner une expérience hors de la logique
de la causalité. Le sujet et l'objet y sont liés d'une façon
particulière, largement repérée par la phénoménologie, où le sujet
se trouve traversé par l'objet. "On n'est pas devant l'objet, mais à
l'intérieur d'un monde de flux, caressants ou menaçants" (p. 312)
Monique Schneider ne se prive d'ailleurs pas d'une référence à
Merleau-Ponty : "Moi qui contemple le bleu du ciel, (...) je suis le
ciel même qui se rassemble, se recueille et se met à exister pour
soi, ma conscience est engorgée par ce bleu illimité" (Merleau-Ponty,
Phénoménologie de la perception, Gallimard, p.248, cité par
M. Schneider, p.312). L'objet devient un bain dans lequel s'immerge
le sujet. La reprise de cette expérience sensible conduit à un mode
de connaissance de l'objet, à laquelle la seule pensée causale ne
peut aboutir.
Ce mode de relation à l'objet est particulièrement important dans le
régime féminin, tandis que "la passion de connaître" (p.313) relève
plus souvent de l'idéal de maîtrise propre à l'obsessionnel.
L'avant-coup n'est pas assimilable à une régression, ni à une expérience fusionnelle. Conceptuellement, il serait plus proche de l'espace transitionnel de Winnicott.
Conséquence clinique :
- Le bain dans lequel le sujet est immergé dans l'objet permet de comprendre l'expérience du "devenir-mère" (p.314). Ce bain est aussi le lieu de la venue de l'enfant.