D'après Jacqueline Schaeffer, Le refus du féminin, éd. PUF,
ch. 4
Pour Jacqueline Schaeffer, faire l'amour ne se conçoit bien qu'avec un "amant de jouissance". C'est lui qui, en s'opposant au narcissisme anale de la femme, vaincra son trac face à cette défaite que la jouissance impose au moi.
Idées connexes :
- La jouissance est l'expérience d'une absence totale de
pare-excitation.
- L'orgasme est une satisfaction du moi. La jouissance est la défaite
du moi. "Elle a la structure de la libido, elle ne peut donc
que pousser, et constamment, avec un vécu et un fantasme d'illimité"
(p.72). Jacqueline Schaeffer parle à propos de la jouissance de "liaison
par la pulsion" (p.76). Cette idée de "liaison par la pulsion" est presque
une provocation, tant nous sommes habitués à l'idée que la liason est
le fait de processus secondaires. Peut-être cette idée très nouvelle peut-elle
mieux se comprendre à l'aide d'une autre idée (M. Schneider, Le paradigme
féminin, p.263) : l'accueil des poussées pulsionnelles permet de
s'émanciper de l'exercice de leur maîtrise. Cette émancipation par l'accueil
du pulsionnel réconcilie le sujet avec les forces qui le meuvent. En ce sens
peut-on comprendre en quoi cet accueil du pulsionnel permet de lier les
composantes du psychisme.
Considérations cliniques :
- Une femme qui reste fixée à la phase phallique peut chercher de cette
façon à cacher à sa mère ses aspirations à la jouissance.
- Les rêves et les vécus de situations inextricables, entravantes, peuvent être le témoin
de l'angoisse qu'entraîne la dislocation du moi et la crainte d'une jouissance
qui s'installe tant qu'elle empêcherait que l'on en revienne. Le rêve ou le vécu
d'entrave est lui aussi angoissant en tant qu'il enferme dans la solitude. Tel
est le paradoxe du féminin de s'enraciner dans le phallique et de s'angoisser de ne pas
être désirée, ou de jouir et de s'angoisser d'être confrontée à la monstruosité de
sa dislocation. Monique Schneider (Le paradigme féminin, p.261) parle à ce propos
de "la solidarité entre le nuptial et le funèbre" : l'ouverture à l'altérité est aussi
risque "d'annulation de soi".