"Dilution"

© Isabelle Lévénez


D'après Monique Schneider, Le paradime féminin, Champs Flammarion, ch. 11.
Par l'idée de dilution se trouve signifié l'absence d'unité du psychisme de la femme. L'identité sexuée ne trouve pas à s'arrimer. Elle est diffuse, démultipliée, non-repérée. "L'excitation, si volontiers présente chez elle sur tout le corps, ne déclenche aucun sentiment d'unité et, peut-être même, favorise la multiplicité des identifications et celle des rôles" (M. Cournut-Janin, citée par M. Schneider, p.240).

Idée connexe :
- C'est peut-être parce que le regard de la fille ne peut pas voir son sexe que ce sexe et l'identité sexuée de la fille se diluent dans le miroir, au lieu de se concentrer sur un point du corps, comme se peut être le cas avec le pénis. Auquel cas, cette dilution est un "rapport au manque" spécifique mais qui ne fonctionne pas comme "butée". (p.240)


Conséquences cliniques :
- Cette dilution permet d'expliquer les expériences de dépersonnalisation de l'hystérique.
- Les "stratégies phalliques" (p.241) sont une défense contre cette tendance à la dislocation propre au psychisme féminin.
- Les "stratégies phalliques" peuvent également être une reprise par la fille des défenses du père lorsqu'il s'effraie du débordement pulsionnel de la fille. Se parer serait à entendre en ce sens : il s'agirait de masquer ce pulsionnel, cette dilution, et de masquer par une parade phallique, dont l'homme connaît le langage et s'effraie moins que du féminin lui-même. Ces stratégies peuvent donc signer l'adaptation de la fille aux craintes inconscientes de ses parents face au féminin. Il est à noter que certaines conceptualisations psychanalytiques, dans lesquelles le déni du féminin est à l'oeuvre, peuvent entraîner, dans la cure, les mêmes conséquences.
- Cette dilution peut expliquer certaines fixations amoureuses, en tant qu'un objet peut signifier pour une femme la promesse d'un "rassemblement de soi" (p.241).


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