
D'après Monique Schneider, Le paradime féminin, Champs Flammarion,
ch. 11.
Par l'idée de dilution se trouve signifié l'absence d'unité du psychisme de la femme.
L'identité sexuée ne trouve pas à s'arrimer. Elle est diffuse, démultipliée, non-repérée.
"L'excitation, si volontiers présente chez elle sur tout le corps, ne déclenche aucun
sentiment d'unité et, peut-être même, favorise la multiplicité des identifications et
celle des rôles" (M. Cournut-Janin, citée par M. Schneider, p.240).
Idée connexe :
- C'est peut-être parce que le regard de la fille ne peut pas voir
son sexe que ce sexe et l'identité sexuée de la fille se diluent dans
le miroir, au lieu de se concentrer sur un point du corps, comme se peut
être le cas avec le pénis. Auquel cas, cette dilution est un "rapport au manque"
spécifique mais qui ne fonctionne pas comme "butée". (p.240)
Conséquences cliniques :
- Cette dilution permet d'expliquer les expériences de dépersonnalisation
de l'hystérique.
- Les "stratégies phalliques" (p.241) sont une défense contre cette tendance à la
dislocation propre au psychisme féminin.
- Les "stratégies phalliques" peuvent également être une reprise par la fille des défenses du
père lorsqu'il s'effraie du débordement pulsionnel de la fille. Se parer serait à
entendre en ce sens : il s'agirait de masquer ce pulsionnel, cette dilution, et de
masquer par une parade phallique, dont l'homme connaît le langage et s'effraie
moins que du féminin lui-même. Ces stratégies peuvent donc signer l'adaptation de la
fille aux craintes inconscientes de ses parents face au féminin. Il est à noter que
certaines conceptualisations psychanalytiques, dans lesquelles le déni du féminin est à l'oeuvre,
peuvent entraîner, dans la cure, les mêmes conséquences.
- Cette dilution peut expliquer certaines fixations amoureuses, en tant qu'un objet
peut signifier pour une femme la promesse d'un "rassemblement de soi" (p.241).